Parcours Artistique Personnel – Épisode 1

EPISODE 1
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai voulu être peintre et écrivain. J’ai jamais trop su pourquoi. Bon je voulais aussi être caissière mais uniquement parce que je pensais qu’elles partaient avec l’argent 😂 je pressentais que ça allait pas être évident de vivre avec mes choix !
J’étais encore en primaire mais je me souviens d’une sensation précise : quand je voyais toutes les couleurs sur ma palette de gouache, j’avais envie qu’elles explosent sur le papier, qu’il y ait un vrai feu d’artifice ! Et puis tout mélangé, ça faisait un marron dégueulasse. C’était frustrant mais j’étais certaine qu’un jour je parviendrai à montrer ce que je voyais dans ma tête, ce que je ressentais, de la joie, de l’intensité, de l’enthousiasme, un autre monde ! Et d’ailleurs, j’y reviendrai, mais j’ai souvent rêvé de cette sensation d’explosion de couleurs, avec différentes mises en scène.
Puis j’ai grandi. Au collège j’ai eu la chance d’avoir une bonne prof d’arts plastiques, Mme Bonino. Je ne vais pas vous mentir, j’ai eu une scolarité très difficile, puisque j’ai été victime d’harcèlement scolaire jusqu’à la fac. L’art était vraiment, en plus d’être mon évidence de toujours, mon échappatoire. Un jour avec Mme Bonino, on devait peindre des cartes postales de Marseille, et j’ai peint ce qui est présenté ici. Je ne sais pas pourquoi, la vue était en perspective et j’ai tout ramené au premier plan, annulant tout effet de profondeur. C’est d’ailleurs une de mes fragilités, la profondeur dans mes tableaux d’aujourd’hui, et c’est aussi ce que j’adore voir, donc je l’intègre en luttant un peu, mais quel plaisir de voir le résultat !
Ce tableau a ensuite été exposé, avec ceux d’autres élèves, au Château de Servieres, à la rue Boisson, à la Blancarde. Et FR3 est venu nous interviewer pour parler de nos travaux, et la seule qui est passée à l’écran au final, ça a été moi. Puis il a ensuite été exposé, toujours avec ceux des autres, dans les couloirs du collège. Et plusieurs pions sont venus me voir pour me proposer de l’acquérir, on m’en avait proposé jusqu’à 50 francs (a l’époque ça me paraissait dingue) ! Mais j’ai refusé. Je me souviens très bien pourquoi : je voulais garder, comme on garde son premier dollar quand on commence une entreprise, la preuve que ce serait le début de ma carrière d’artiste. J’étais triste par ce que je vivais dans ma scolarité , et pourtant j’avais la conviction que là se jouait quelque chose de primordial pour moi : je serai peintre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *